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Full text of "Advertissement dv moyen par leqvel aisement tovs trovbles et differens, tant touchant la Croix, de laquelle y a si grande altercation en ceste ville de Paris, que autres concernans la religion, seront assopis & ostez ... Á messieurs les habitans de Paris ..."

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ÂDVERTISSl  MENT 

MOYEN 


PAR  LEQ_yÈL  AISE  M EN  t 

TOVS  TROVBLES  ET  DIFFERENS, 

tant  touchant  la  Croix»  de  laquelle  y a fi  ■ 
grande  altercation  eo  çefteyille  de 
Paris»que  autres  çpneernans 
la  religion,fcront  aflb^ 

- pis&oftèzi,  , 


T4r  M.R^é  Benotfi  >^ngeHlnyP»BeM,r  regent  tn  là 
faculté  de  Thealfgie  4 Parts. 

À Mefsieurs  les  habitajts  de  Paris. 


jDadomme  auxilium  de  trihuUtione  quia  yanafalus 
bominU.  Pfd.$Si, 


A PARIS, 

Chez  Thomas  Belot,ruë  S.lehandc  Latran.^ 

I y 7 I. 

AVEC  PRIVILEGE  DV  ROY. 

THEN^TBSKKf 
tIBKABir  '' 


1 braires  er  Impnmeuri^^crAHtttsaHflab- 
f artiedra^n  qtse^ue forte  dr  maniéré  ce /fit, 
d mf  rimer  OH  vendre  aucunes  des 'œUHr es  de  mai- 

Jtre  ^né Benoifl,  Jihgiuirf,  Votleur  en  Théologie 
a,  Paris, figent  de  fin  muent  ion,  ou  tra,dal}ionJî- 
mau  Libraire  où  lmfnmeùr,àu^ué} ledit  Benoid 
en  aura  donné  éargf  dr  pi'^ante.  Et  ce  iufques 
a neuf  ans  entiers  cr-  confecuttfsgtgres  la  Premiè- 
re mgrefiion  , fuifirafiiBe  dé  cLcun  defdiBes 
ceuures  eu  traduBipns  , a geint  de  esnfifiation  des 
Hures imprme\far  autres  au  contraire,  cr  ia- 
mende  arbitraire.  .Ainft  qu'il  eft  glue  amplement 
contenu  efdiBes  lettres  de  Prmlege,  fùr-ce  doneer 
«Parisfiquatriefimedepeeembre,  i j (>  5. 

P ai  1 e Roy  en  fou  Confoii. 

Signé  Mo lin^ 


ADVEKTîSS  EMENT  VV 

MOYEN  PAR  L E Q_y  E L AISEMENT 
tôHS  troubles  (T  d fferens  tant  touchant  U Croix , de 
laquelle  y a fi  dangereufe  altercation  en  cejie  ville  de 
paris , que  autres  concernants  U religion  fieront  afio^is 


Vbi  abuiidauit  deüdum , fupcrabun- 
dauicgiatia.  Roma.  f. 

^ Mefiieurs  les  hahitans  de  Paris. 

E crains,  & certainement  ie 
ï( crains beaucoup,Meflieurs de 
Paris  , que;  apres  aùoir  efté 
les  ans  paflez  ipedatcurs  & 
auditeurs  des  miières  & cala- 
mitez  des  autres  villes  de  ce 
Royaume  de  long  temps  trei- 
chre/licn  à la  paefiri  nous  entrions  en  vn  ieu  plus 
tragieque , & d’vn  reufiÏÏcment  plus  mifetable  que 
n’a  en'corcs  efté  vca  ny  ouy . Car  puis  qu’il  eft  cer- 
tain que  toutes  choies  aduiennent  par  ladilpof 
tion  iic  proüidencede  Dieu  , lequel  fans  auoir  acce-. 
ption  deperfonnes  iuge  iuftement  félon  les  fai<5*' 
& œuurcsd’vnchslcun , ienepourrois  me  pcrfqa^ 

A ij. 


dec  que  le  feu  de  la  formidable  iuftjjce  de  Dieu,  qui 
a challié  & purgé  les  autres  villes,  les  pecbez  dc£* 
quelles  n’eftoient  que  bois  verd  en  cotnparaifon 
des  noftrcs,  ne  nous  brufle  & afflige  beaucoup  d’a- 
uantaige,  quiforames  faiiSts  le  boys  fec& nulle- 
ment flexible  & ploiableaux  tant  frequens  & af- 
pres  aduertiflemens  de  la  parole  de  Dieu  ; laquelle 
(6  malheur)  par vne  daranable  & pernicieufe  ob- 
Àination  non  leulemcnt  ne  voulons  effeéluer,  ains 
(grand  &cuidentfignc  de  réprobation  & prochai- 
ne ruine)  la  contredifons,dentelons,  mocquons,  8c  , 
blafphemons , qui  a ordinairement  eflé  le  dernier 
mal  fait  des  teprouuéz  8c  peuples  prochains  de 
leur  extermination.  Cela  eft  vérifié  en  ceux  qui  pé- 
rirent aü  deluge,lefquels  ce  mocquoient  des  aduer- 
tiflemens  8c  admonitiôs  à faite  penitence  que  leur 
failbit  Noë  : en  ceux  de  Sodome  8c  Gomorhe , lef- 
quels  afïligeoient  6c  de  parole  8c  de  faid  le  bon 
Lot,  qui  les  aduertiflbit  : en  Pharao  8c  es  Aegy- 
ptiens , lefquels  conteranoient  les  reraonflrances 
que  leur  faifoient  Moyfe  8c  Aaron  , 8c  les  affli- 
geoient:  àcaufede  quoy,  ils  furent  fubmergez  : es 
enfans  d’Ifrael  qui  périrent  es  deferts,  à caufe  qu’ils 
contredifoient  aux  aduertiflemens  de  Moyfe  leur 
inflrudeur , condudeui;8c  pafleur , 8c  çontemne- 
rent  l’excellente  viande  de  la  manne,efl;ans  trop  dé- 
licatement nourris  d’icelle  , & demandèrent  des  ' 
puants  aulx , 8c  porreaux  d’A^gypte  : en  iceux  meC- 
mes  lefquels  furent  menez  captifs,  tant  en  Bà^-jylo- 
nequ’aillcurs,  pour  n’auoir  obey  aux  Prophètes  8c 
Prebftrcs , defquels  ndn  feulement  ils  meipti<.bicnt 
la  dodrine  8c  remonftcances  ^ mais  aufll  lesaflUi- 


geoient  ; En  Saul  premier  Roy  du  peuple  d lCraë, 
lequel  fur  reprouuéde  Dieu  , 5c  puis  occis  par  les’ 
ennemys  , pouraiioirderobey  aiaparollede  Dieii 
propofce  par  le  Prophète  Samuel . Nous  liions  le 
femblable  eftre  aduenupour  melraes  raifons  aux 
RoysRoboain,Icroboam,0£hozias,  Achab,  & af- 
fèzdautres,  qui  n'onc  voulu  croire  ôc  obeyr,ains 
on  trepugnèàlaparollede  DieUjiSc  ont  mocquéiSC 
affligé  les  miniftresSf annonciateurs  d icclleicc  que 
eftre  la  caufe  principale  de  la  ruine  des  hommes 
tant  en  general,  que  en  particulier  enfeigne  Iclus- 
Chrift  quand  il  dit  aux  luifs , contredilahs  à la  pré- 
dication: EmpIilTez  la  mefurede  voz  pères  ( qui  eft 
combler  leur  iniquité,  pour  eftre  du  tout  extermi- 
nez.) Serpens  &c  engeance  de  vipères  comment 
cuicetez  vous  le  feu  d’enfer?  Ce  qu’ils  ont  fait  con- 
tredifant  à fa  faintfte  predicatioh , la  contemnanr, 
blalpheraant,&:  puis  le  faifanc  mourir,  pour  icelle; 
comme  depuis  ils  ont  fait , mourir  fainà  Eftiennc, 
fainâ:  laques  & autres,à  caufe  de  quoy  ils  ont  efte 
ruinez  par  les  Romains  bien  toft  aptes  , Ceft  ce 
qu’enfeigne  fainél  Pauljdifant  : que  la  terre  qui  re- 
çoit la  rozec , ( c’eft  l’inftruélion  de  la  parole  de 
Dieu)  & n’apporte  fruiét  (c’eft  a fçauoir  foy,  obeil- 
lànce  Sc  autres  bonnes  œuurcs  ) eft  proche  de  ma- 
lédiction, réprobation  & combuftion.  C’eft  poui- 
quoy  lefus-ChriftàdiCt  que  l’arbre  que  fon  pere 
n a point  planté , fera  defraciné  , & la  branche 
..qui  ne  porte  fruiCl  fera  coupée  & ieCtée  au  feu , & 
4uy  mefines  a donné  malediCtion  & fait  feichcrlc 
figuier  auquel  il  na  trouué  que  les  fueilles  fans 
fruiCt,  comme  aulfî  il  menace  d’ofter  la  vigne  à 

A iij 


iccuï,qui  au  lieu  de  liiy  produire  bon  fruidk,  edans 
aduertiz  par  ies  prédicateurs  5c  diligens  Pafteurs, 
ils  les  ont  contrediéls , repoùflez  & affligez . G’cft 
poürquoy  il  menafle  par  Efaje  laifFei*  en  friche  6c 
çn  abandon  fa  vigne , laquelle  au  lieu  de  grappes  5c 
raifins  iuy  a produit  des  lambrufches  ; où  entre  au* 
très  punitions  il  la  menafle  principalement  de  Iuy 
ofter  fes  hayes  & murs , qui  font  fes  proteiSfçurs  ÔC 
l'uperieurs  tant  Ecclefiaftiques  que  politiçqucs,qui 
ne  feront  profitables  & fauorables  au  peuple,  pour 
lequel  il  font  ordonnez,  ce  pendant  qu’il  contem- 
ncra&tranfgrcflerala  parole  & fainÛs  comman- 
demens  de  Dieu.  Or  comme  le  figuier  a efté  rendu 
fec&priuc  de  fes  belles  Se  verdoiantes  fucilles, à 
eaufe  qu’il  n’âuoit  du  fruidt,  ainfi  les  luifs  fontpri- 
uez  de  leurs  cereraohies,  5c  à prefent  iuftement  les 
Cbreftiens  Catholicques  en  grande  partie  hypo- 
crites, renians  par  œuurcs  ce  qu’ils  confcirent  de 
bouche  Sc  parole,ne  refentans  & gouftans  au  cueu» 
par  vne  vide  foy , efperancc , Sc  charité,  ce  qu’ils 
voienr,oyent  Sc  touchent  en  la  profeflîon , & delà 
religion  Catholique  aufîî  malobferuee  que  bien  ôc 
fainclement  elle  a efté  inftiruée,  Sc  ce  treC-iufte- 
menr  : car  fi  la  viue  foy  qui  eft  le  fondement  du  ba- 
ftiment  (pirituel  defaut , ce  n’eft  chofe  digne  d’ad- 
miration fi  ce  qui  eft  bafti  deflùs  ne  demeure  en* 
tier.  L’exercice  ôc  profeflîon  extérieure  ne  peut  dc- 
mcuççr  où  defaut  la  vrayefoy  intérieure,  laquelle 
ne  peut  eftre  fans  l’ouy  e , obeiflancc , reuerancc,  Scç 
obferuance  dela  parole  de  Dieu  tout  bon  ôc  touw, 
puiflànc.  Pourquoy  ie  ne  m’elbahis  fi  Dieu  fans 
’ordonnance  duquel  rien  n’eft  fait , permet  en  ce 


4 


tcuTps  maîlicufeux  à caufe  de  la  corroptidn  dû  pcu- 
plc,et  deprauation  de  tous  cftats,  plus  grande  quel- 
le n’eft  entre  les  luifs  et  infidellcs,  que  les  temples 
font  ruinez , les  autels  démolis,  les  Prebftres  fagi- 
nantcz  , les  Images  des  fainéls  brifccs , et  autres 
chofcs  appartenantes  à la  profeflîon  extcticure  de 
la  vrayç  rby  et  religion  Gaiholicquc  ^ reiéttees,- 
mocquees  , et  blarphemees  par  ce  que  nous  les  a- 
uonsprophances  nous  mcfmeS  par  nos  abus  into- 
lérables,Icfquels  ne  voulons  aucunement  corriger, 
comme  plus  à plain  auons  par  la  grâce  de  Dieu,  dé- 
duit au  liure  du  triomphe  et  vidioire  de  la  loyî 
comme  auflî  en  celùy  qui  eft  infeript  ; Mtdus tdUn- 
d4  religienis  dtjcorâtte  . Toutcsfoisic  ne  puis  que 
comme  Dauid  & leremie  ont  plorc&  lamenté  la 
ruine  & prophanation  du  temple  de  Salomon,  ie 
ne  ieûe  profons  foufpirs  & fanglots  quand  Je 
nous  vois  reduifls  à celle  mifere  extrême  , 'que 
Dieu  iuHcment  elle  la  tour  & fortereflè  de  fon 
Eglife  militante  i la  vraye  arche  & fauuegarde 
des  efleus  & fideles , notjs  priuant  de  fon  enfei- 
gnele  figne  & image  de  la  croix , ptotcélion  ordi» 
nairedetous  les  anciens  &c  premiers  Chreftiens, 
Les  Anges  & fainéls  glorieux  , foldats  de  lefus- 
Chrift , batailleront  ils  pour  nous  quand  ils  ne  ver-' 
xont  plus  auec  nousl’enfeigne  de  lefus-Ghrifl,  leur 
chef  & Gapitaine?  G’cft  la  tour  de  laquelle  parle  , 
Efaie  y.  ch.  laquelle  il  diél  que  Dieu  dcmolita  ,à 
caufè  de  la  dcfobeiflànce  de  fon  peuple , comme  va 
Roy  fait  démanteler  les  villes,  & abbattreles  for- 
tereflès  de  ceux  quiluy  ont  efte  rebelles . En  icelle 
tons  Ch/elliêns  ont  toujours  recognu  & ado* 

A iii; 


rélçfus-Chriftpour  nous  crucifié.  Ils  ontmisleut 
appuvjfauuegarde  & prorcdion,  &:  pourc’eftef- 
feét  & verru  à cftc  recommandée  à ce  grand  Empe- 
reur Conftantin,  & ce  non  fans  grande  raifon,  veu 
que  les  figures  d’ictlle  ont  cfté  iant  louuent  la 
fauuegarde&  proteébion  au  vieil  peuple,  comme 
il  apert.  Exod  . ii;  contre  TAnge  excerminatcut 
contre  la  morfurcdesSerpens.  Nomb.  21.  & con- 
tre la  punition  & fureur  de  Dieu  . Ezech.c^v 
Nous  ne  fçaurions  cerrei  auoir  plus  éuidehtc  dc- 
rnonftrarice  de  Tindignàtion  de  Dieu>  & prochaine 
ruine  que  de  Veoir  oiler  les  armeé;  f çhreigne,  & la 
fauucgàrdcde  Icfus  Chrift,  lefigne  & imagedela 
croix  jConrre  laquelle  rie  humain  né  doit  preualoir;’ 
confiderant  ce  qu^eft  aduehu  aux  Philiftins  pouf 
auoir  veu  emporter  & remuer  l’arche  , chofe  de 
moindre  miftere  que  la  croixdcs  Béthfamites  pour 
rauoir  veoeà  nnd , comme  pour  l’auôir  touchée:^ 
aiifli  à Bakbarat  pour  auoir  mis  les  vaifleaiix  facrez 
ôc  dediez  en  ^ î.ige  prophane:iufques  là  il  faut  auoir 
enbonneur  ies  chofes  dedices  au  feruice  dcDieir, 
&r  appartenantes  à la  religion. Q^ant  nous  fommes 
faiéis  chrefl:iens,noüs  Tommes  armez  de  la  croix  au 
front , en  la  tefte , eh  la  poiétrine  & aux  cfpaulcs. 
Npus  cognoiirons  & adorons  en  icelle  lefufchrift,  “ 
nofire  Dieu  & Roy  , par  icelle  nous  faifons  fuir  les 
diables  comme  par  hcqucntàtion  & honneur  d’i- 
cellc  , Nous  femmes  diftinguez  d*auccles  herctic-' 
què^  & inficicllev.G’eft  donefigne  & argumêt  quc 
Dieu  nous  rfprouüe  quant  il  pcrmeft  que  rious 
fouîmes  delarmez  de  les  armes  , Sedeftituez  delà 
faûmegarde  ^ proteétion,  LaMéflècft  grand  cas^ 

auflî 


auffi  eft  la  prebftrife  : mais  le  fondemêt  (ie  tout  no- 
Are  bien  c’eA  la  croix  & paflion  de  lefus  ChriA,  de 
la  profeflion  & reprcfentation  de  laquelle  Dieu  ne 
nous  pemieitroit  eAre  tant  dangercufenient  priuez 
li  nous  ne  l’auions  beaucoup  offenfé.  Adam  8c  Eue 
ont  cAé  chaflez  hors  le  paradis  terreAre,pour  auoir 
ofé  toucher  & manger  eAanc  feduiél  par  1 aAucc  de 
fatan , le  fruitA  de  l’arbre  de  fcience  de  bien  & mal, 
& nous  ne  ferions  punis  prophananc , mocquanr, 
blafphemantjtompant  & brilantratbredc  la  fapié- 
ce  diuine  & myAeres  treshaults , voire  aullî  en  la- 
quelle a eAé  difpofc  & préparé  le  faiutt  & diuin 
pain  de  vie  qui  nourriA  nos  âmes  en  la  S.  Croix. 
Pourquoy  ic  vous  prie  ne  nous  arreAons  à blafmer 
les  magiAratz,les  princeSjOi  feulement  à courir  fur 
les  hereticques  ôc  blafphemateuts  de  la  Religipn 
iaincbc  & bonne  par  émotions , & rerauemens  po- 
pulaires, qui  ne  font  toufiours  proAîtables,fi  Dieu 
ni  fauorife,ainS  cognoiAànt  qu’il  n’y  a mal  en  la  vil- 
le que  Dieu  n’ait  fait  nous  puniAànt  iuAemét,  pre- 
nons les  armes  de  pleurs  & o.rai{ons,&  nous  humi- 
lioqs  deuant  fa  maieAéjfaifonsvraye  penitencc.fans 
laquelle  nous  périrons  , nepouuanseAre  deliurez 
par  les  hommes,  ce  pendant  que  Dieu  courroucé  à 
caufe de  noz iniquitez  bataillera  contre  nous,  6c 
nous  punira  iuAement  par  ceux  qui  nous  doiuenc 
t>»fendre&  garder.  Car  c’e A luy  qui  eAâtfcrutatcur 
déicueurs  & confciences,  & difppfant  toutes  cho- 
fes  en  nombre, poids  & mefure  donne  de  bons,  & 
permeét  de  mauuais  & pernicieux  paAeurs  , Sc  en- 
lèigneurs  , Iclon  que  le  peuple  pour  lequel  toute 
puiAknce  & fupcrioricé  eA  ordonnes , e A dilpofé 

B 


8c  le  mérite.  C eft  luy  en  la  main  duquel  font  les 
tueurs  des  princes  Sc  Rois,  Iciquels  il  tourne  corne 
il  luy  plaift,difancrefcriture,qu’il  fait  regner  les  hy 
pociitesàcauièdes  pechez  du  peuple.  ïob.34.C’cft 
luy  qui  donne  le  Roy  en  fa  fureur,  & l’ofte  en  fou 
indignation,  Ozee  15 . Tellement  que  en  temps  de 
punition  8c  fureur  de  Dieu  le  peuple  eft  puni  & af- 
fligé à caulê  de  fes  iüperieurs,&:  lesfuperienrs  àcau 
le  du  peuple  n’eftât  facile  à inger , Icfqls  patiflent  le 
plus,  finô  q l’cfcriture  dit  q les  gras  endurcrôc  plus 
q lefs  autres,lefquels  quât  ils^nc  végét  ce  qui  eft  fait 
cotre  dieUjfouuêt  font  punis  de  dieu  q meét  la  force 
au  cueur,&  les  pierres  és  mars  du  rude  8c  imbecille  • 
peuple  exécuteur  de  fa  iufte  fentence,  par  ceux  Icf 
quels ilz  doiueut  regler  8c  conduire, & punir  félon 
leur  vocation  & autboritc  . Nepenlonsdonc  que 
nous  puiffions  eftre  deliurez  et  oftez  de  nos  ennuis 
et  troubles  par  les  grans  du  monde,  qui  parauentu- 
refont.plusempefchez  que  nous,alns  cognoiftanc 
parlafoy  et  diuineinftruéiion  , que  c’eft  Dieu  qui 
abat  et  rcleue,qui  mortifie  et  viuific,qui  humilie  et 
exalte  , qui  a en  fa  main  et  puiflànce  la  dilpofition 
des  Rois,toyauraes,peupleset  coramunautez.reco 
gnoilTons-le , et  chaflànt  au  loing  ces  pernicieux 
dieux  eftranges  qui  font  caufede  noftrc  ruine, les 
hcrefies,diuinations,  libertinages , amour  dcnous- 
mefmesjblalphemesjauaricesjathcifracetfemt.'*!- 
bles  monftres,  par  lefqucls  malheureufement  nous 
fbinmes  feparez  denoftre  Dieu  et  fcul  protc<fteur 
et  defenfeur  tout  bon  et  toutpuiflànr, lequel  perni- 
ciculëmcnt  nous  oublions  etlaifibns  en  nos  neetfC- 
(itez,  non  iàns  idoUtfie,  mettant  la  chair  infirme 


iîoftrebras  èrpuiirance,  rte  confîcicrâns  fefcritare, 
laquelle  tantfouuéc  nous  aducrcift  de  ne  nous  cô- 
ficr  CS  grâdeurs  et  puilîaces  môdainesiains  en  Dieu 
tout-puiffant  ^ lequel  iamais  ne  delaill'fc  ceux  qui  fe 
fient  et  veritablemét  eïperent  en  luy,  qui  veut  cftie 
inuoqué  en  nos  tribulatiôs,ct  prend  plaifir  de  nous 
cn  deliurerjàfin  qu’il  foit  cognu  auteur  de  tout  no- 
ftrc  bien  et  côine  tel  recognu,  ptiéjferui,honoré,et 
adoré  auec  humbles  aéliôs  de  grptceSjCe  que  fi  nous 
faifons  comme  il  faut  en  pureté  et  fiucerité,  fins 
fard  et  bypocrific , nous  aurions  l’abondâce  des  be- 
nediûionslpirituellesj  corporellcSjet  temporelles, 
Jcfquefles  font  promifcs  et  propofies  tant  aperte- 
ment,  Leuir.  Deat.i8.nous  aurions  des  fupc- 
rieurs  vcillans  pour  nous,  plus  que  pour  eux:  des 
magiftrats  et  princes  tels  que  au  parauât,fauorifans 
et  auançansl’honnefteté  et  vertus , punillàns  le  vi- 
ce, et  aimans  et  defehargeans  leur  pauure  peuple  et 
fubieét:s:ilz  auanceroiét  l’honneur  de  Dieu,  qui  le- 
roic  la  eaufe  de  tout  leur  bien  et  félicité  corne  auiS 
nofite,nousne  verrions  tant  d’inconftanccs  et  mu- 
tabilitez  dangereufeset  beaucoup  fcadaleufeSyprin 
cipalemeni  en  la  foy  & religiônf,laquelle  ne  p'atift 
point  de  ieu,côme  Dieu  n’aaggreablc  vne  prbnief- 
feinfidelle  laquelle  il  punift  durement,  corne  il  eft 
rnanifcfte  d’Ananias  et  Sephira,  Aét.^.Nous  ne  fe- 
rions moins  con  dans  quelepayen  Pilate, lequel  ny 
pour  la  furîeule  importunité  des  luifs , ny  pour  la 
menace  de  Cefir , n’a  vonlu  çonfentir  & permettre 
le  tiltre  de  la  croix  de  lefufchrift  eftre  ofté  ny  chan- 
gé,encores  qu’ilfuft  grandement  ignominieux  aux 
luifs.Nous  ferions  abonder  la  grâce  et  amande  ho- 

B ij 


riorablc  ou  le  péché  a abondé, ne  permç6^ant  aucii. 
neraent  que  leriçho  foit  rcedifiee  de  peur  d’encou- 
rir anatheme  Sc  excommunication.par  l’exprefrc  pa 
tôle  de  dieo,àyant  pîus  efgard  à Dieu  & à là  religiô 
que  à nos  particuliers  intereftSjfanéiifiant  & dédiât 
les  chofes  fouillées  & pollues, par  offeftcc  d’hcrclie 
& idolatrie,fon  exercice  Sç  profelïion,pluftoft  que 
au  defauantage  grandderauthoritédelaiullice,quî 
ne  doibt  point  eftre  craintiuc  ny  muable,&  Icâdalc 
public  en  matière  de  religion  rien  châger  de  ce  qui 
eft  tant  fainâ;ement3trcfté  & exécuté  pour  réparer 
& au  lieu  mefme  pour  faire  abonder  la  grâce  où  a 
cfté  le  delidl , le  blalpheme  & iniure  faiéle  à lefus- 
chrift  & à fa  fainélereligion  pour  laquellbnous  ne 
deuons  efpargner  ny  plaindre  noz  biens  & vies  li 
nous  fçaüohs  cr  g-ouftons  que  c’eft  d’eftte  chrefticS 
et  enfansde  Dieu. 

Mais  il  faudroit  eftre  aflîftez  à bon  efeient  de  la 
grâce  de  Dieu  comme  Moyfc,  lofué,  Elie,  Phinecs^ 
lehu,  Mathathias  & femblables , pour  enfoncer  Sc 
vaincre  contre  toute  crainte  humaine,  tout  ce  que 
foppofeàla  gloircde  Dieu  Eternel,  & augmenta- 
tion de  fa  fainifte  parole,  foy  & religion,  ce  que  ne 
petit  eftre  ce  pendant  que  ne  ferons  pœnitence, 
ains  feruirôns  plus  au  diable  qu’à  Dieu,  l’cfprit  du- 
quel ne  demeure  es  charnels  mondains  & malings, 
ains  fortifie  les  humbles  & petits,  afin  que  la  vi- 
éloire  apparoifle  eftré  comme  elle  eft  de  luy  qui 
fait  parler  les  enfans , & rend  lés  foibles  & débiles 
robuftes,  valides  & forts.  le  nevoy  donc  moyen 
d’euiterlcsdangiersqui  de  long  temps  nous  me- 
naflènt  raelÏÏeuts  de  Paris^que  d’aller  par  vraye  pce» 


7 t ^ 

hitcnce  & humbles  & finocrcs  prières  & inuoca» 
rions , à ce  grand  Roy  tout  puiilant  Dieu  éternel, 
auec  lequel  il  cft  neceflaire  auoir  paix,  fi  la  voulons 
auoir  enttenous,  car  il  eft  le  Dieu  de  paix  & con- 
corde , allons  y donc  & bien  toft  î Mais  commcll 
faut  en  vraye  foy  efperance  & charité  fans  hypo- 
crifie , en  vn  cucur  fimple,  verirablehient  contriéb 
& non  double  comme  noos  lifons  auoir  fait  Dauid, 
Daniel, Efther,  Matdocbec , ludich,  les  Niniuites, 
^autres  vrais  fidelles  & efleus  de  Dieu,  lefquels 
ontbroufté  leurs  ennemis  auec  les  leures  , com- 
me le  bceuf  l’hcrbc  , remportant  la  viûoire 
diceux,  par  humbles  & frequentes  oraifonS , con- 
feflans  aUec  Daniel  noÈ  iniqùitez , Sc  celles  de  noz 
peres  ,recognoi fiant  l’infinicltnifericorde  de  Dieu, 
en  cela  que  nous  ne  fommes  du  tout  péris  et  acca- 
blez ^ ce  que  bien  auons  mérité  par  nozexccz.de- 
botdemens  et  exécrables  pechez,  lefquels  ont  irrité 
noftte  Dieu  contre  nous,  et  mérité  que  ayant  ab- 
brcuué  les  autres  villes  du  hanap  de  fon  indigna- 
tion, il  nous  ait  referué  la  lie,  comme  certainement 
iufteraent  elle  eft  deiic  à nous,  qui  auons  outrepaf- 
fé  toutes  autres  villes  en  pcchez  exectablcs,et  prin- 
cipalement au  mefpris et  contempt,  qüe  ie  ne  die 
blafphemc  etperfecutiondclà  parole  et  annoncia- 
teurs d’icelle,  laquelle  iamais  n’a  efté  mefprifee  et 
contemnee  fans  grade  et  manifefte  punition  jcôrae 
il  appert  de  la  punition  de  Coré,d’Athan,  A^ron, 
et  lemblables  , Poürquoy  ie  couclue  auec  faindt 
laquestd’où  auez  vous  entre  vous  guerres  et  débats, 
finon  des  concupifcenccs  et  dereiglements,qui  ba- 
taillent en  voz  membres?  Vous  defirez  et  cherche» 

B iij 


aucc  tout  aTaeiir,ce  que  vous  ne  frouuez,par  ce  que 
vous  ne  le  demâciez  pas , vous  demandez  & n’obtc- 
nez  pasjparec  que  voi]s  deraadez  mauiiailement , à„ 
Içauoir  pour  ifetisfaite  à voz  concupifeences  & affe- 
«ibions  déréglées  Sc  deroordecs , vous  foudan,t  plus 
du  temporel  que  du  fpiricuelj&  feraant  à Dieu  plus 
par  acquit  que  par  foy  & fîncerc  vetité , Ce  qui  eft  . 
manifefte  en  noz  fimpiications  publiques,  dides  . 
vulgairement  procéffions  gencralles , dquelles  Ion 
ne  voit  l’ordrcjdcuotionj  humilité,  etatrention  nei 
celîàirc  potir  obtenir  de  Dieu  ce  que  luy  deraâdôs. 
Pourquoy cen’eftdemcrueillclî  nous n obtenons  • 
cequedemandons,ainsics  choies  vôt  toufiours  de 
pis  en  pis,principalemêt  en  matière  de  la  foy, et  reli 
gion,  de  laquelle  ayans  perdu  lame  et  elprit  ( pour 
ainfi  parler  ) qui  ell  la  foj  viue  et  opérante  par  cha- 
rité, ce  n’eft  de  raerueilie  fi  nous  perdôs  le  corps  et 
vcftefnéc  qui  font  les  chofes  externes,  erquelles  cô- 
lîftc  et  doit  elbre  faîébe  la  profelîïon  extérieure  ne* . 
ceflaire  à faluc.Telle  ell  le  ligne  ce  image  de  la  croix  ; 
iaquèlle  qui  abhorre  : mais  aullî  n’ayme  ethonore, 
ne  fe  peut  iulbcment  vendicquer  le  tiltre  de  Chre- 
lbien,veu  pu’il  n’ayme  <5c,fuitrenfeigne  de  la  Croix,  ; 
delaquclle  elb  venue  rcxaltation  de  lefufchrilly  6c  . 
toute  la  grâdeut  3c  inagnilîcence  de  laEcligio  chre»  : 
Ibienne  , laquelle  ne  peur  ellre  aucunement  fai^ la 
croix  intérieurement  & exterieuremeiit  honorée, 
contre  laquelle  rien  humain  quelconque  chofe  que  ; 
ce  foit,  nedoit  preualoic  li  ne  voulons  ellre  à tpu-  , 
iîouirs  milerables,  mais  par  ce  qu’il  elb  necellàire 
que  Dieu  nous  fdulbienne  & défende  en  la  foy  Sc 
profeffioa/iccile,  er  qucfans  luy  tiea  hgraainne  ; 


peut  nous  anîmci*  8:  deliurer  des  entreprinfes,  me- 
nées , ligues  Sc^perfeGutionsde  noz  aduerfaires  qui 
font  enfans  et  fau  orizés  du  fiecle  prcfçnt^ctquc  noz 
pecliez  empefchent  qu’il  ne  nous  aide  & donne  vn 
eftat  paifible , ie  conclure  le  prefent  adiiertiiremenc 
parcequieft  tnonpfetendu  , qui  eftd’adiiercirîes 
bons  Catholicqiies,  de  prendre  l’armure  de  Dieu, 
p}üftoft  que  les  charnelles,  bataillant  par  oraifons 
icufncs  ôc  autres  œiiures  de  pœnitence,par  & foiibs 
la  condnidte  des  fuperienrs  Ecclefiaftiques,  par  1(^ 
quels  les  oraifons  & autres  bienfaitîèS  j doy  tient  e- 
ftreprefentez  àDicu,à  la  maniéré  des  anciens  5c 
vrais  Sinon  hypocrites  Chreftiens  , ie  vous  prié 
doG  Si  exhorte  aucc  & apres  le  Prophète  loel  ch. 2.  / 

prenez  garde  que  le  iour  de  la  vengeance  Si  puni- 
tion de  Dieu,eft  grand  Si  terrible.  Qu,i  eft-  ce  qui  Iç 
pourra  fupporter  ? Doue  conuertid'cz  vous  en  tout 
voftrecucur,  par  ieufnes,  pleurs  Sc  gemiil'cmens  Sc 
brilcz  voz  cueurs  ,'Si  non  voz  veftcmens  , Si  vous 
conuertiiTez  au  feigneur  voftre  Dieu  : car  il  eftbe- 
ning.mircricordiéux, patient  Si  longanime  & touf 
iours  preft  à pardonner . Qui  fçait  fil  nous  fera  en- 
cores  grâce  Si  nous  dcliurera  ? Pourquoy  fonnez  la 
trompette  eh  Syon,(ànâ:ificz  le  ieulhe , appeliez  la 
congregatiôjaffemblez  le  peuple,  congregez  l’Egli- 
fe,appeTlcz  les  vieillars,les  petits, mefmes  les  enfans 
qui  iuccent  la  mammclle.Q^  le  mary  Si  la  femme 
foy  Icparcnt  du  lidt , et  que  les  preftres  miniftresde 
Dieu.plorêt  entre  fautel  Si  le  pcupic,Si  dilèntrSei- 
gneur  Dieu  pardonnez, pardonnez  à voftre  peuple. 

Si  ne  permettez  que  voftre  héritage  fbit  mocquee. 

Si  déshonorée  eftant  vainc,  pat  les  inEdelles  Si  e- 

B iiij 


flrangers, comme  fi  vous  n’eftiez  noftre  Dieu  tout 
puiflant.  Voylace  que  mefembleneceflaired’eilrç 
fait  en  ces  troubles  dangereux . C’eft  pour  le  dire 
en  vn  mot , qu’il  faut  auoir  recours  à Dieu  pluftoft 
que  aux  hommes , faifant  vraye  ôç  non  feinte  péni- 
tence des  abhominatipns,  impictez , & impurctez 
trop  excelfiues  en  celle  ville , nous  punillànt  nous 
inefmes,de  peur  de  l’ellre  alprement  par  noz  enne- 
mis, de  la  main  defqucls  aucune  puilfance  humaine 

fnous  pourra  deliurer,ce  pendant  que  Dieu  les 
imera  contre  nous,  les  tenans  en  là  main  comme 
la  verge  ôc  ballon  de fon  indignation,  pour  nous 
punir  plus  ou  moins  félon  la  propcMttion  de  noz 
iniquitez:  ce  que  fi  nous  ne  voulons  faire , ie  crains 
celle  fentence de  Samuel.i.des  Roys  chap.ia. 

Si  vous  perfeuere^  en  voz  iniquitez,  vous  péri- 
rez auec  vollrc  Roy  .auquel  vous  auez  recours  plu- 
ftoft  que  à Dieu.  Dilbns  donc  auec  Dauid:feigneuc 
Dieu  deliurez  nous  de  noz  affiitSlions.tribulations, 
& dangers,  & miferes,  car  c’cil  en  vain  que  nous  a- 
uons  confiance  es  hommes  imbccilles , trompeurs, 
Scmalings  , donc  nous  mettons  Dieu  nollre  for- 
ce, & alors  il  réduira  à néant  ceux  qui  nous  affii- 
gent.Pfeau.y5>. 

liCtahitttr  ittfim  c»m  viderit  vindiSiam.  T fol.  ^7.